Marche spirituelle et historique sur le Chemin des Huguenots

Me voila de retour, après plusieurs années d’absence. Bizarre n’est ce pas? Mais je suis ainsi. Est ce suite à mon voyage autour du monde (voir sur le site) ayant besoin d’une forme de répits… Je suis de retour, et il me fait plaisir de vous parler du chemin des Huguenots, marche organisée par mon ami Jean-Paul B du 8 au 15 septembre 2021.
Le chemin des Huguenots est un chemin historique qui nous renvoie loin derrière sous Louis XIV. En effet, le 18 octobre 1685, Louis XIV signe un nouveau texte, l’édit de Fontainebleau, qui révoque l’édit de Nantes. Il vise à bannir le protestantisme du royaume de France. Alors qu’en 1598 le Roi Henri IV, son grand-père avait mis fin aux guerres de religion qui ravageaient le royaume en signant l’édit de Nantes. C’était  un édit de tolérance et on aurait pu en rester là. Mais, c’était sans compter sur la noblesse catholique revancharde qui refusait de perdre certains privilèges. Cette révocation de l’édit de Nantes provoqua beaucoup de morts (3 millions de morts sur un pays de 20 millions) et un exode massif des Huguenots (que l’on estime à 200 000) qui cherchent à fuir la persécution et la mort.. Les Dragonnades, soldats du roi terrorisent la population protestante. Leurs villages sont pillés, les femmes violées et une conversion forcée est exigée.  Ce n’est que plus tard, la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 a permis aux français de disposer de leur liberté religieuse.
Le Chemin des Huguenots relie Poët-Laval/Dieulefit Département de la Drome à Bad Karlshafen Land de la Hesse. Il parcourt 1600Km , traversant la Suisse et l’Allemagne. Sa partie française, GR 965, de 374 Km est matérialisée par un logo représentant un marcheur avec inscrit en dessous SUR LES PAS DES HUGUENOTS.
Nous partons de Dieulefit pour Saoû, puis de Saoû vers la Chaudière, de la Chaudière à Rimon-et-Savel, puis le lendemain à Die, de Die à Chatillon en Diois, de Chatillon en Diois à la ferme d’Esparron, pour atteindre Mens et dernière étape La Mure. Au total _ étapes. Nous irons en gare de Grenoble en car. Nous utilisons tous types de formule pour coucher confortablement: du gîte à la chambre d’hôte, au refuge, au mobile home dans un camping. De bonnes chaussures de marche, un sac à dos de 30litres, au minimum 1l d’eau, des vêtements de protection, notamment un poncho en cas de pluie. Nous partons vers 8:30 après un bon et solide petit-déjeuner. Nous mangons à midi un encas rapidement sur le chemin en nous reposant pour repartir de plus belle. On  atteint notre lieu de couchage, entre 14:00 et 17:00 dépendamment de la distance parcourue, toujours bien accueillis pour un diner savoureux ou nous allions au restaurant quand nous atteignons une petite ville comme Die ou Mens. Nos étapes variaient de 18 km à 28 km par jour. Globalement il a fait beau, la montée vers la forêt de Saoû jusqu’à l’arrivée au Gîte de la Chaudière a été pluvieuse. Un Temple, souvent proche de l’église catholique, est présent dans chacun des villages traversés.

Tout en marchant, souvent mes pensées allaient vers ces Huguenots obligés de fuir. J’ai fait le rapprochement avec ces réfugiés qui fuient leur pays pour s’expatrier là où ils sont acceptés??? en me rappelant aussi cette toile dans le musée de Christchurch (ville de Nouvelle Zélande, voir mes reportages sur Tour du Monde) montrant les familles Belges obligées de fuir l’invasion allemande… La folie meurtrière des guerres de religion furent terribles sanguinaires dévastatrices. Aujourd’hui, trop souvent, on fait appel à Dieu pour justifier des guerres et des crimes toujours atroces. Et puis, en quoi une religion peut elle imposer les règles de fonctionnement d’une société? Faisons référence à l’état des lieux accablant de la commission Sauvé qui révèle 216 000 victimes agressées sexuellement par des membres du clergé catholique de France alors qu’elles étaient mineures, et cela depuis 1950. Une honte, heureusement que les lois de la démocratie sont au dessus des lois d’une église quel qu’elle soit !!! Moi- même j’en ai souffert…

La montée de Saoû à travers sa forêt, en contournant le Grand Pomerolle, si riche en histoire de la persécution vécue par les Huguenots vers le Pas de la Sierra (notamment le camp de l’éternel), fut une première journée fabuleuse . Quel bonheur cette rencontre avec ce berger et son troupeau de moutons au Pas de la Sierra au dessus du gîte du col de la Chaudière. Et cette vue du sommet « Le Veyou » (1589ml) que nous avons grimpé en repartant du gîte profitant d’une accalmie de pluie. Le Veyou fait partie des  » pics qui surplombent les vallées: Roche Courbe, Le Signal et l’autre côté du col Roche Rousse. Belle journée où nous avons marché plus de 25 km, et gravi au delà de 1500 m positif. Le repas et coucher au gîte du col de la Chaudière fut grandement apprécié. Nous sommes dans le massif du Vercors. Massif aux parois abruptes vertigineuses, qui n’a rien à envier aux Dolomites d’Italie du Nord.

Je ne décrirai pas toutes les étapes mais pour ceux qui veulent plus de détail, regardez sur Internet en cliquant sur CHEMIN DES HUGUENOTS. Juste une précision d’organisation concernant l’orientation: je suis doté de la montre Suunto Baro9. Quand j’ai accès à Internet, je peux de mon téléphone portable définir une route à partir d’une carte de l’application Suunto, et transférer la route validée sur ma montre. Ainsi la montre m’invite à prendre le bon chemin. La connaissance d’une carte IGN 25000 est bien entendue nécessaire. Mais cela aide bien pour éviter des erreurs et transporter un trop grand nombre de cartes.

Dernier point, n’oubliez pas d’apprendre à vous connaitre est la meilleure façon de vivre bien et vivre longtemps. « Cela implique principalement de bouger son corps tous les jours et de ne pas le surcharger par une alimentation trop riche. Ces règles sont simples et excellentes pour votre cœur. » nous dit le Professeur Jean Ferrières Cardiologue au CHU de Toulouse.

Enfin retenez bien « POUR NE PAS OUBLIER », en lisant cette affirmation sur le site de l’abbaye de Notre Dame d’Esparron (ancienne abbaye mais aussi haut lieu de résistance)  j’ai eu une pensée forte vers mon frère Christian qui réalise tout un travail écrit « sur le droit de savoir »…

 

Île Spirituelle Shikoku Henro

Île Spirituelle SHIKOKU HENRO
Le pèlerinage de Shikoku (Shikoku Henrõ) relie en boucle 88 lieux sacrés de Shikoku où il est dit que Kõbõ Daishi (Kukai) 774-835 à approfondi sa connaissance du Bouddhisme. Parcourir les 1200 km est un moyen de se rapprocher de l’état de Satori, entouré par les Temples, la nature, les routes, les paysages, mais aussi les hommes, la culture, les statues de Bouddha.
J’ai réalisé ce pèlerinage comme une aventure spirituelle, en cherchant à respecter la tradition, le protocole bouddhiste en entrant dans chacun des 91 Temples. (88 Temples, je suis retourné au Temple 1 (Ryõzenji) pour fermer la boucle et j’ai visité 2 Temples majeurs à Kõyasan (Kongõbuji et Kõbõdaishi-Byõ) au sud de Naha (ancienne capitale du Japon) sur la Kii péninsule. Ce pelerinage je l’ai fait sans renier ma religion d’origine, je suis catholique, en prenant la tenue vestimentaire du pelerin que je décrirai plus loin. J’ai réalisé ce pèlerinage en 2 étapes: la première il y a 3 ans où j’ai marché du Temple 1 au Temple 35, puis du Temple 46 au Temple 64 et de 68 à 77 soit 64 Temples. Lors de ce tour du monde finir le pèlerinage de Shikoku est un objectif majeur à savoir marcher des temples Gõshõji 78 à Õkuboji temple 88, puis Daikoji 67, Unpenji 66 accessible par un téléphérique qui monte à 1000m, et Sankakuji 65, puis 36 Shõryūji à Iwayaji temple 45, revenir au Temple 1 et les Temples de Kõyasan cités ci dessus. Le temps imparti m’a amené a accepter la proposition de Mayu de circuler des temples 78 a 88 en voiture, c’est la raison pour laquelle j’ai commencé par aller dans ses temples proches de chez elle, Tokushima. Je suis arrivé à Tokushima venant d’Osaka, retour de Tokushima par le ferry pour conclure par les Temples de Kõyasan. Pour des raisons de securité, forte pluie en montagne j’ai été amené à utiliser les transports en commun bus ou train.
Au niveau administratif l’Île de Shikoku se divise en 4 prefectures qui définissent 4 zones appelés lieux de pratique (dojo): Tokushima (Awa) Lieu de réveil spirituel, Kõchi (Tosa) Lieu de pratique ascétique, Ehime (Iyo) Lieu de l’illumination et Katana (Sanuki) Lieu du Nirvana. Ne vous inquiétez pas je ne suis pas arrivé dans un état l’illumination, mais globalement j’étais bien, en forme physique mentale et spirituelle, vous l’avez compris, je n’ai pas réalisé mon pèlerinage dans l’ordre logique du 1 au 88. Il y a 3 ans j’ai du pour des raisons de planning et de temps à consacrer, contourner les zones où les Temples étaient trop espacés les uns des autres. J’ai arrêté mon pélerinage à Matsuyama pour me rendre à Hiroshima en ferry.(lire mes articles rubrique Japon)

L’équipement du pèlerin, apprécié par les japonais quand les occidentaux le portent, est constitué de: bâton du pèlerin, veste blanche qui représente la pureté, chapeau en bambou, étole portée autour du cou, cloche, bracelet objet bouddhique dès plus familiers, le sac blanc où l’on range tout son materiel de pelerin, des étiquettes on l’on inscrit ses voeux, son livre où l’administration du temple tamponera en rouge chaque feuillet representant un temple avec une caligaphrie exceptionnelle en noir. Une boite à bougies et une boîte de bâtonnets d’encens, un stylo.
Faire ce pèlerinage correspond à mon évolution depuis plusieurs années, de ne plus rechercher la performance mais la voie spirituelle, pour mieux me connaître et mieux me comprendre. Au fur et à mesure de mon avancée, de nombreuses questions me viennent à l’esprit: mon passé, ce que j’ai fait, tout ce que Je vois et j’entends notamment provenant de la nature, tout ce qui m’interpelle, et me fait réfléchir, projection sur le futur. Ce pelerinage est pour moi une opportunité exceptionnelle de me trouver, de me retrouver, de retrouver mon père, de penser très fortement à ceux que j’aime et qui sont importants pour moi.
Le pèlerinage m’aide au démarrage de ma retraite, à réfléchir sur mon avenir proche en toute sérénité, à avoir une profonde réflexion sur des proches disparus ou non, à avoir les bons comportements pour préserver ma santé physique mentale et spirituelle, à vivre pleinement sans recherche de confort en marchant en pleine nature, à définir l’essentiel de l’important de l’urgent, ce qui me permet de me positionner sur mes activités dans les prochaines années. (Exemple je veux être disponible pour mes petits-enfants), c’est une priorité et je m’organise en conséquence, je veux passer du temps en montagne, je veux rendre visite à notre fils et belle fille au Canada, je veux passer du temps avec maman que l’on va fêter prochainement pour ses 90 ans.

Un peu d’histoire concernant Kūkai où Kõbõ Daishi. Il fait partie des personnages dés plus important au Japon.il est né à Shikoku, est partie en Chine puis est revenu au Japon avec les enseignements du Mikkyõ. En plus d’être moine, il est devenu spécialiste reconnu en calligraphie, l’éducation, l’art et les travaux publics.(notamment construction d’un reservoir d’eau au centre de l’île). Kūkai est le fondateur de la secte Shingdon. En tant que pèlerin on prend conscience que nous marchons où Kūkai a marché dans sa jeunesse. Son portrait est en première page du livre que je fais estampillé et calligraphié à chaque passage d’un temple.
Je rappelle que j’avais réalisé le pèlerinage du Kumano-Kodo il y a 3 ans et dans le cadre de la première partie de celui de Shikoku j’avais fait l’ascension du Mont Ishizuchi (1381m) sur lequel Kūkai a fait son apprentissage et qui est le lieu où se pratique les cultes aux montagnes sacrées (shugendõ).
Le chemin que j’emprunte est indiqué par une signalétique pas toujours bilingue, difficile donc parfois d’être sur la bonne direction.L’utilisation du GPS MAPSME aide bien.
Mon neveu préféré m’a demandé de rappeler la procédure que j’effectue quand je rentre dans l’enceinte d’un temple et que j’effectue systematiquement:
Je me courbe devant la porte principale en faisant face au Hondõ (temple où la divinité principale est vénérée (Bouddha), puis je me purifie en me lavant chacune des mains et la bouche à l’aide d’une petite coupole avec manche dans la fontaine ou bassin d’eau. Je laisse mon baton de pélerin et mon sac à dos dans un support prévu souvent a côté de la fontaine. Pour signaler mon arrivée je sonne la cloche abritée et impressionnante la pluspart du temps. Ensute je place une bougie que j’allume dans l’armoire transparente, allumé 3 bâtonnets d’encens (1 pour les générations ascendantes, un pour les générations descendantes, et un me concernant comme individu. Je monte les marches du Hondõ, écrit sur l’étiquette image acheté en nombre, mes voeux et la place dans l’urne consacrée. Une donation peut être faite, réciter un soutra.souvent à côté, au dessus du Hondõ se trouve le Daishido où est vénéré Kūkai. On reprend la même procédure que pour le Hondõ. Apres une bonne réflexion interieure, on n’oublie pas de se rendre au bureau d’administration du Temple pour se faire tamponner et calligrafier, notre livre de pèlerin en échange de 300 yens. On récupère son baton de pélerin, son sac et on part vers le temple suivant. Tout un programme n’est ce pas!
Je m’intéresse à l’hébergement en fin de journée ce qui m’a obligé à m’adapter à toutes situations notamment de dormir dans un abri de fortune sans équipement particulier, voir dans une toilette publique d’une plage proche du Temple Shõryuji temple 36. J’ai campé à deux reprises é volant avec un pèlerin qui avait l’équipement, et on peut être hébergé dans l’enceinte du Temple.

Les photos jointes sont celles prises lors de mon retour au Temple 1 Ryozenji par lequel j’avais commencé mon pèlerinage il y a 3 ans.

Pelerinage SHIKOKU Henro

Le Pélerinage SHIKOKU Henro est en cours d’homologation par l’UNESCO, pour être inscrit comme Patrimoine Mondial (World Héritage): les 88 Temples et le chemin  des Pèlerins. Le Shikoku Henro pèlerinage offre un parcours en boucle, magnifique de 1400km traversant 4 Préfectures et reliant 88 Temples qui sont en relation avec Kõbõ Daishi dit Kūkai. Le Shikoku Henro est un voyage spirituel entrepris par de nombreuses personnes de differentes façons. « C’est un bien culturel vivant ». Et bien mon projet se réalise je vais finir de parcourir les 24 Temples qui me restent, pour finaliser mon pèlerinage des 88 Temples de Shikoku. Claude devient un « Henro ».

Le cérémonial de notre parcours dans un Temple se déroule de la façon suivante: on rentre par porte (porche) principale en s’inclinant 3 fois, puis on se dirige vers la fontaine pour se purifier les mains et la bouche à l’aide d’une coupelle. Je laisse le bâton de pèlerin et mon sac, puis me dirige vers la cloche pour la faire sonner marquant notre presence.  Je vais vers le Temple principal pour déposer 3 bâtonnets d’encens et une bougie que j’allume. Puis je monte sur le perron du Temple, m’incline et fait ma prière. Les bouddhistes récitent un mantra. On dépose dans une urne notre voeux inscrit sur une feuille prévue que le pèlerin à en nombre suffisant. Une urne recoit les donations. On recommence la même procedure au Daishi ou Kukai Temple. Apres ma prière je me rends au bureau du Temple pour faire estampiller mon livre de pèlerin en échange de 300 yens. Puis je reprends mes affaires m’incline une fois pour sortir par la porte principale. Les pèlerins peuvent venir groupés, ils recitent le mantra ensemble.

Je vous montre quelques photos significatives des 11 premiers Temples visités du 78 (Goshoji) au 88 (Okubuji). Les jardins ou parcs sont particulièrement bien entretenus. C’est un vrai plaisir que de marcher dans ces jardins dont les rhododendrons multi couleurs sont en pleine floraison. Cela incite au recueillement, à une réflexion intérieure, à penser à ses proches, à notre mère Terre pour une bonne prise de conscience à sa préservervation, pour que la PAIX reigne dans notre monde… on entend que les bruits naturels du vent qui remue les branches, des oiseaux, de l’eau qui coule en cascade…

Le Bouddhisme au Japon fut introduit vers les années 540. Pendant la Tenpyo période 729-749 et plus tard, Kūkai organise des enseignements et des causeries pour le commun des mortels. En ce moment, c’est seulement au Japon et au Tibet que Mikkyõ fait partie de croyances par des gens qui font vivre cette religion et font poursuivre des recherches académiques.

Ces 11 Temples parcourus, Il me faut maintenant revenir en arrière pour parcourir les Temples 65 (Sankakuji), 66 (Unpenji) 67 (Daikoji), puis les Temples 36 (Shouryuji) au Temple 45 (Iwayaji), et ainsi j’aurai realisé le pèlerinage en son entier. C’est mon défi des 10 prochains jours réalisant cette fin de parcours seul, Mayu devant rentrer. Je précise qu’il y a 3 ans dans le cadre du pelerinage Kumuno Kodo, je suis allé a Kõyasan et j’ai gravi le Mont Kõya qui  est le siège d’une section du Bouddhisme, le Shingon. Kõyasan est le lieu où mourut Kūkai/Kõbõ Daishi. (je précise cela car de nombreux pèlerins vont à Kõyasan avant ou après avoir réalisé le pèlerinage des 88 Temples de Shikoku.)

Hiroshima: Miyajima, château, musée des arts.

Miyajima est un des sites les plus exceptionnels du Japon. La <Tori gate> symbolise à elle seule le Japon, à travers son histoire, ses religions, et ses traditions. Le rouge/orange de la Tori, le bleu de la mer et celui du ciel, contrastant les uns les autres avec le vert de la forêt, c'est émouvant, magnifique. Rempli de spiritualité, car plusieurs Temples marquent le territoire: Itsukashima Shrine, Daishon Temple, Tokujuji et Shinkoji Temple, sont au pied de la Montagne Sacrée Misen. Miyajima est une île que l'on atteint par bateau (courte traversée), de la gare de la street-car (tramway) qui est le terminus de la ligne qui longe le littoral venant de la gare d'Hiroshima. Heureusement que nous sommes arrivés assez tôt car la marée est importante, et le Tori est plus beau les pieds dans l'eau. 

 
Le Temple Daisho-in est un des plus prestigieux temple Shingon (secte importante du Bouddhisme). Au 12 ème siècle, l'empereur Tobago fonda son hall de prière dans ce temple. On voit de nombreuses représentations de déesses Bouddhistes. Lors de mon pèlerinage des 88 Temples de Shikoku (lire les articles précédents), nombreux étaient ceux originaires de la création de Kukai (Kobo Daishi), fondateur de la secte Shingon (qui est aussi un des 3 grands calligraphe du Japon).
 
J'ai fait l'ascension du mont Misen, montagne sacrée. Ce mont est situé au centre de l'île Miyajima. La montagne fut désignée en tant que site sacrée par Kukai, pratiquant ses exercices ascètes pendant 100 jours durant l'automne de l'année 806. On voit très bien le mont Misen du Château d'Hiroshima, et du 8 ème étage de mon hébergement. Du sommet du mont Misen on bénéficie d'une vue magnifique sur toute la baie d'Hiroshima et on devine au loin les sommets de l'île Shikoku, et la ville d'Hiroshima. Je suis particulièrement content d'avoir gravi 3 montagnes sacrees: le mont Fuji, le Ishizuchi, et le mont Misen. 
 
Visite du Château d'Hiroshima, dans le même style que les précédents, qui a subit une histoire mouvementée: au départ un Temple (Honganji), qui eut une grande influence jusqu'en 1580. Il fut donné à Nobunaga Oda pendant sa campagne d'unification. Il brûla complètement. Après sa mort, Hideyoshi (Toyotomi) pris le contrôle des affaires politiques et décida la construction du château sur le site du Temple. Après la mort de ce dernier, c'est Tokugawas qui a le pouvoir et le château tomba en ruine au cours de la guerre en 1615. Le site fut utilisé par l'armée , et à la demande des résidents la reconstruction de la tour principale fut décidée en 1931. Le Château bénéficie d'une double  protection de muraille (dont la taille de certaines pierre est impressionnante), et ceinturé d'eau. Le parc qui l'entoure fait plus de 100 hectares. C'est dans ce parc que j'ai pu voir le deuxième arbre identifié comme ayant survécu à la bombe atomique (Kurogane holly tree, à 910m de l'hypocentre). Le Château fut détruit par la bombe atomique et reconstruit en 1958. À l'intérieur on peut voir des pièces historiques concernant les samouraï. 
 
Le musée préfectoral d'art contemporain d'Hiroshima entouré d'un magnifique jardin Shukkei'en. Deux expositions, l'une sur Van Gogh et l'autre sur l'art et la paix. La <chance> me poursuit j'adore Van Gogh. 

J'emploie souvent <nous>, car j'ai fait la visite d'Hiroshima avec Hung Maka William, un jeune de Taïwan de 20 ans, particulièrement intéressant, cultivé. (Voir Facebook)

Pèlerinage des 88 Temples île Shikoku suite

Je longe la côte vers le sud jusqu'au cap Muroto-Misaki,  avec mon guide chauffeur Tatsuo. Sa voiture type espace climatisé, assure un confort bien agréable. On engrène comme un chapelet les Temples. On en fera 35 en 3 jours. Kiyotakji sera notre dernier et 35 ème Temple ensemble. Indépendamment du nombre de Temples visités, la spiritualité est très présente, de par le nombre de pèlerins qui fréquentent les Temples seul ou en groupe et l'atmosphère qui se dégage, la présence de Tatsuo participe aussi à un niveau de spiritualité élevé… Tatsuo me propose de m'amener chez lui à Okayama (je reviens sur l'île principale). De la ville de Kochi on prend une autoroute qui travers l'île, vers le nord, et continue sur un des plus grands pont du monde qui relie les deux îles. Je suis excellemment accueilli par Kazua la femme de Tatsuo, qui me propose une chambre climatisée. Le 10 au matin après un petit déjeuner très complet à la japonaise, ils m'emmène à la gare centrale. Gentilment, Kazua m'a préparé un déjeuner à emporter, vraiment ils m'ont gâté… Je suis chanceux. Je prends le train pour reprendre dans un autre secteur le pèlerinage des 88 Temples de l'île de Shikoku. Le train retraverse le bras de mer par le même pont, la voie ferrée étant sous la voie routière. Les japonais n'y vont pas par le dos de la cuillère , la qualité de leurs infrastructures ferroviaire et routière est tout a fait exceptionnelle.

Je reprends ma marche solitaire en me dirigeant à pied au Temple Doryuji (77), il fait très chaud, et j'enchaîne avec courage en respectant le rituel décrit sur mon précédent article, jusqu'au Temple Iyadanji (71). Le Temple Zentsuji se distingue de par son ampleur, nombreuses constructions en deux parties, siège de la secte Bouddhiste Shingonshu Zentsuji et le lieu de naissance de Kukai.

J'avoue après une bonne vingtaine kilomètres de marche en plein soleil, je suis de nouveau fatigué. Le bonheur est que je découvre, sous le Temple Iyandjini,  un Honsen tout à fait exceptionnel: bains d'eau chaude, bouillonnant à 40°, bains d'eau froide à 17° ( cela m'a rappelé mon dernier bain avec maman à Toulon à 17° début juin!), sauna, piscine, grandes salles avec moquette pour s'allonger et se reposer, mais je dors dans un lit couchette type lit d'avion.  Je décide de rester un jour de plus et visite le Temple Iyadanji le 11 au matin. J'ai le temps, je participe à une cérémonie commandée par un couple. Le Temple est accroché à la montagne, et le nombre de marches à monter est impressionnant. 

 Les Temples, pour la plupart, dominent la vallée, ils sont accrochés à la montagne. Le Japon est constitué d'îles très montagneuses, avec des dénivelés importants, le relief y est particulièrement accidenté. Lors des saisons de pluie les précipitations doivent être importantes au regard du lit des rivières. Même en cette période de sécheresse l'eau coule abondamment dans les rivières, les caniveaux recouverts de part et d'autre de la chaussée, notamment pour alimenter les champs de riz que l'on voit  disséminés un peu partout. Les japonais ont développé une Ingenierie de l'eau et de la gestion de l'eau visiblement de très haut niveau. Ils protègent leur littoral d'un éventuel tsunami, ils respectent le lit des rivières, l'eau qui coule semble bien propre. Ils trient leurs déchets, et les gens respectent les procédures, pourtant on ne voit pas de poubelles sur le domaine public. Les gestionnaires de distributeur de boissons doivent gérer les déchets occasionnés, en laissant des poubelles recevant les bouteilles en plastique et autres canettes … N'oublions pas que la densité de population est environ 4 fois supérieure à celle de la France!

Retour au Spa, repos, séances de bains se succèdent l'ambiance est très décontractée, toujours dans le respect des autres. Je suis souvent abordé, on me pose des questions. Demain, je vais visiter 3 Temples, toujours en allant vers l'ouest, je m'approche de la montagne sacrée …

 

Le pèlerinage des 88 Temples Île de Shikoku

 

Grand merci pour vos encouragements et vos commentaires, sur le site, ou à titre personnel sur mon adresse perso. Cela m'encourage, sachant, je l'avoue j'ai pris goût à faire ce mémo.
Merci de me préciser si vous ne souhaitez pas que votre commentaire soit publié. 
 
Après 2 Jours de repos à Tanabe, je prends le bus pour Wakayama (50km au sud d'Osaka), puis le ferry vers Tokushima. Me voilà sur l'île Shikoku, où j'ai le projet de marcher une partie de ce grand pèlerinage Bouddhiste, qui fait le tour de l'île appelé le pèlerinage des 88 Temples sacrés de Shikoku.
Le pèlerinage de Shikoku reproduit la route suivie par le moine Kukai lors de son apprentissage Bouddisme vers 800. Le chemin qui lie  ces 88Temples fait 1200 km de long et traverse la nature luxuriante de l'île Shikoku, mais aussi le péri-urbain des villes. Il permet un temps de réflexion sur soi même. En dehors des aspects religieux, le pèlerinage est entrepris pour rendre hommage à ces ancêtres, à sa famille, ses amis, et tout simplement pour se remettre en forme et se retrouver.  C'est un parcours spirituel. Il se fait à pied ou motorisé. 
 
Une nuit dans un hôtel proche de la Station Centrale de Tokushima, je prends le train pour me rendre au premier Temple, que j'atteins vers 9:00. Il fait chaud, la journée commence bien. Je décide d'acheter une partie de la panoplie de base du parfait pèlerin, afin d'être reconnu et aidé par la population locale. Je suis couvert d'un chapeau (sugegasa), la veste blanche (hakui), le baton et sa clochette (kongozue), le sac blanc (zudabukuro) dans lequel j'ai mis le carnet à tampons, les etiquettes. les Bouddhistes ont le rosaire ( comme un chapelet) et une etole sur la veste. Cela à bien fonctionné car au 5èmeTemple, Temple Jisoji, un pèlerin solitaire, Tatsuo Miyai son nom, faisant le pèlerinage en voiture me propose de l'accompagner. J'accepte bien volontiers. Finalement nous faisons la route ensemble. Pour moi c'est l'idéal, j'ai un guide parfait, sauf qu'il parle très peu l'anglais… mais on arrive à se comprendre. Il connait bien les traditions religieuses, manipule bien son GPS, on ne perd pas de temps. Tatsuo m'amène dans des auberges japonaises, où l'on prend chambre commune. Le confort est bien présent avec Spa tous les soirs… la vie est vraiment belle, vive la vie. Cela fait deux jours que nous allons de Temple en Temple. Ce matin, nous prenons le telepherique (plus de 600m de dénivelé), pour atteindre le Temple Taiyū-ji. Le site est recouvert d'enormes et anciens cèdres,  qui crée une atmosphère mystique. La vue sur la montagne est splendide. Nous sommes arrivés au 24 ème Temple, Hosumisakiji, à l'extrémité sud de l'île, le cap Muroto-Misaki. Sur les plages de sable les tortues de mer pondent, c'est aussi un observatoire de baleine. J'en ai profité pour nager dans les rochers, limite compte tenu des vagues pour revenir. 
Systematiquement quand j'arrive au Temple, je passe par la porte principale face à la voie principale (pour chasser les mauvais esprits) qui dessert les différents bâtiments. Ensuite je me purifie par l'eau, en prenant de l'eau dans un récipient, pour se laver une main, puis l'autre,  et la bouche. Je me dirige vers la cloche pour la faire sonner et ainsi marquer mon arrivée. Je me dirige vers le batiment principal (le Hondo où la divinité principale est venerees),  allume 3 bâtonnets d'encens, une bougie, les placent les premiers au centre du bol rempli de cendre, et dans l'armoire prévue à cet effet pour la bougie. Je monte les marches, fait sonner la cloche, et place les feuilles de vœux ou soutra dans la boîte. On prie silencieusement en joignant les mains. Je reprends mon bâton de pèlerin et me dirige vers le Daishido (Kobo Daishi y est vénéré) pour faire le même rituel que précédemment. (en achetant sa tenue de pèlerin, on achète les feuilles, de vœux, une boîte de petites bougies et de bâtonnets d'encens). Pour conclure la visite du Temple,  je me dirige vers le bureau où un moine estampille mon carnet à tampons où les pages numerotés à la japonaise, représentent chacun des Temples dans leur ordre du non numéroté, celui de Koyasan où j'étais dans mon précédent pèlerinage Komono Kudo, puis du premier le Ryozenji à côté de Tokushima, au 88ème Okuboji au dessus de Tokushima, en ayant fait le tour de l'île . Avec son plus beau style il fait des caligraphies sur la page estampillée. Je donne 300 yens, car tous ces rituels le pèlerin payent, des petites sommes mais vu le nombre de Temples visités cela represente des sommes non négligeables et le pèlerin est tout le temps sollicité. Il est vrai que la gestion des sites est parfaitement assurée: réfection des bâtiments, entretien et propreté, qualité paysagère des sites, organisation… 
 
Je ne peux vous montrer tous les Temples, cela vous lasserai, alors je vais laisser fonctionner mon inspiration… 

Kyoto la ville aux mille temples et Shrine suite

Le fait de simplement passer quelques jours à Kyoto est un vrai bonheur. Ville dans une cuvette, traversée par la riviere Kamo (aménagée en voie bleue), entourée de montagnes boisées, très quadrillée par de larges avenues, Kyoto est remplie de contrastes entre ses Temples et les espaces verts autour, et la ville moderne. Cette ville peut être considérée comme la capitale historique, culturelle et intellectuelle du Japon. (On y trouve entre autre l'Institut Franco Japonais du Kansai mais fermé!). Souvenez vous des accords de Kyoto: conférence internationale de l'ONU sur les changements climatiques, pour trouver des solutions, que l'on cherche encore, au grave problème du réchauffement climatique. Ancienne capitale du Japon, cité des moines et des bonzes, des geishas, des Temples et des jardins… Ville où l'on aime flâner, découvrir les Temples qui se succèdent, particulièrement ceux qui sont sur les flans des montagnes. Le Japon est comme un être humain, dont la tête serait à Tokyo, l'estomac à Osaka et le cœur à Kyoto. Je ne peux vous montrer tous les temples et Shrine que j'ai déjà visités, mais je vous ai choisi 3 Temples, en plus de ceux présentés dans l'article précédent et le Château Nijo :

Le premier il s'agit de Kinkakuji Temple, appelé Temple d'or, puis Daitokuji Temples expression du Bouddhisme Zen, le Chateau Nijo et enfin Kiumizudera Temple.  Dans ce temple sous l'autel, est organisé une descente dans le noir complet en suivant une corde. Au moment où l'on voit une pierre plate et ronde très légèrement éclairée,  que l'on fait tourner, on émet un vœu plausible,  pour ensuite ressortir. Je trouve bien d'inviter les individus à élaborer des vœux, cela nous rapproche des personnes que l'on aime en pensant souvent à eux…

Kyoto, Temple Bouddhiste Nishi Hongwanji

Je viens d'arriver à Kyoto, et déjà mon esprit est transporté vers une porte qui s'ouvre (comme chez moi à Olivet où j'ai posé une porte sequencant le jardin, mais pas uniquement le jardin…): le calme domine, l'apaisement, la sérénité… J'ai traversé le Temple Koshoji en face de ma Guest house, et je me trouve dans l'enceinte du Temple Nishii Honggwanji (Patrimone Mondial). Un accueil exemplaire me confirmant que je peux participer aux cérémonies du matin (6:00). Le lieu est magique: deux bâtiments principaux, le Amidado, et le Goeido. Ce dernier finit d'être construit en 1636, est une des plus grandes construction en bois du Japon. Religion pratiquée est le Bouddhisme et plus precisemment Jodo Shinshu.  Le Amidado est ouvert et ma chance veut qu'un office religieux s'y déroule un peu après mon arrivée: une dame âgée ayant des difficultés pour marcher a commandé cet office. 7 bonzes, dont un plus âgé chef de la cérémonie, s'installent. Quelques sons provenant d'un bol en bronze légèrement frappé et les hymnes commencent. Cela me rappelle le Népal, le Tibet, le Ladakh (voir Inde Ladakh sur le corps principal de Montagnes Sacrées), où j'ai déjà participé à ces cérémonies Bouddhistes. Un couple, la quarantaine a demandé une cérémonie; cette fois, les hymnes sont rythmés en frappant deux bois de bambous. Un bonze plus âgé , vient faire un discours pour ce couple devant de nombreux fidèles qui écoutent la bonne parole. 

Je le savais, je suis au bon endroit au bon moment, à écouter ce que j'ai envie d'entendre, à profiter d'une ambiance que je recherche: feutrée, propice au recueillement et à la méditation. J'ai pratiqué la méditation comme Jourdain faisait de la prose, sans le savoir: notamment lors de mes expéditions en montagnes, où mes courses extrèmes à travers le monde. Ce n'est qu'un début, car dans 4 jours je pars pour Nara où l'aventure spirituelle démarrera, mais vivons le moment présent et profitons de Kyoto, ce joyau reconnu Patrimoine Mondial par l'UNESCO. 

Une photo vous montre mon lit japonais dans une chambre collective de 8 lits, cela va me changer des chambres individuelles, l'ambiance est chaleureuse.