Tour du Monde 2018

Suivez en direct mon nouveau roadtrip en cliquant ici : Tour du Monde 2018.
Tour du Monde 2018
Bangkok, Thaïlande - 2 mars
Sydney, Australie - 7 mars
Christchurch, Nouvelle-Zélande - 22 mars
Okinawa, Japon - 22 avril
Osaka, Japon - 27 avril
Vancouver, Canada - 14 mai
Alaska, États-Unis - 16 mai
Montréal, Canada - 29 mai
Reykjavik, Islande - 5 juin
Paris, France - 12 juin

Tour du Monde 2018
Église au bord du lac Tekapo en Nouvelle-Zélande

Kõyasan un grand lieu spirituel

Après la visite du Temple 1 Ryozenji, qui me permet de fermer la boucle des 88 Temples de Shikoku, je retourne à Tokushima par train. À 1/2 heure à pied de la gare, je me retrouve dans ma Guest House. Super dîner à base de spécialités locales, Tokushima Ramen noodles, Gyosa, et me voilà le lendemain matin à 6:00 prendre le bus pour me diriger au ferry. Après 2 heures de navigation, je suis à Honshū, l’île principale du Japon oú se trouvent notamment Tokyo et Osaka. À Wakayama, je prends le train, et après plusieurs changements j’arrive à Kõyasan, le dernier tronçon se faisant par un <cable car> (funiculaire).

J’ouvre une parenthèse concernant la ponctualité, la propreté, la qualité de l’accueil des trains et bus au Japon. Les dirigeants de la SNCF devraient faire un stage au Japon, et les syndicats devraient s’y rendre pour qu’ils apprennent tous la réalité d’un bon service de transport public donnant pleinement satisfaction aux clients. Dans l’année c’est en secondes que sont mesurées les retards d’un Train à Grande Vitesse (Shinkansen) qui nous permet d’arriver vite à l’heure au Japon, alors qu’en France le TGV trop souvent nous amène vite en retard…. la coordination avec les bus et ferry est parfaite.

Je marche un bon 3 km plutôt pour être libre de m’arrêter et prendre des photos à Kõyasan. Arrivé vers 2:00 pm profitant de ma traversée à pied du village ponctué de nombreux temples, je décide de me rendre dans un des Temples pour dormir et manger. Super organisation et c’est à Sekisho-in que je me  rends pour me reposer, prendre et bain japonais et continuer mon chemin spirituel à travers l’allée entourée d’arbres plusieurs fois centenaires et de tombes et monuments bouddhistes. Ambiance extraordinaire dans ce lieu magique où nature et Temples monuments religieux Bouddhistes et tombes, se côtoient dans une harmonie qui ne peut que conduire notre esprit dans une spiritualité profonde.

Le lendemain  je conclue mon pélerinage en visitant les deux Temples qui sont à la première et dernière pages de mon livre de pélerin que je fais estampiller et calligraphier à chaque passage. Mon livre est ainsi complèté par ces calligraphies extraordinaires. Quels souvenirs qui ne pourront que m’aider à replonger dans la spiritualité générée par l’accomplissement de ce très beau pélerinage.

Je vais maintenant vous décrire le site de Kõyasan. On découvre dans sa partie Ouest, l’ensemble Danjõ Garan. Garan désigne un endroit calme où les moines bouddhistes peuvent se consacrer à leurs exercices spirituels. Kõbõ Daishi conçut la Grande Pagode (Daito) comme élément central du complexe monastique. Elle abrite une statue du Bouddha Mahăvairocana entourée de 4 autres Bouddhas et 16 bodhisattvas peints sur les pilliers. Puis on voit Kondõ (Pavillon d’or) qui abrite les principaux services bouddhistes, et une representation de Bhaisajyaguru (bouddha de la médecine). Origine des  constructions 819, mais maintes fois détruites par le feu. Le Fudõ-dõ est le plus ancien édifice de Kõyasan (1197). Le Pavillon des portraits ( Mie-Dõ) où aurait résidé Kôbõ Daishi. Je suis rentré à pieds par Daimon, la porte principale de Kõyasan. De part et d’autre de cette grande porte, des statues des divinités gardent l’entrée de Kõyasan. Kongõbu-ji est le Monastère principal du Bouddhisme Shingon. Il abrite le plus grand jardin de pierres du Japon (Banryu-tei). Le Musée Reihõ-kan abrite une grande collection d’oeuvres d’arts bouddhisme japonais. Le Daishi Kyôkai où se déroule le rituel bouddhiste (Jukai). La Route de pèlerinage Chôishi-michi que j’avais emprunté il y a trois ans dans le cadre du pélerinage Kumano Kodo. Nyonin-dô pour les femmes car ce ne fut qu’en 1872 que les monastères autorisent les femmes à y rentrer. La Pagode Tahô-tô fut construite en 1223 pour recevoir les dépouilles de Yorimoto et de leur fils. Le Pavillon de Karukaya qui relate l’histoire d’un moine bouddhiste qui ne savait pas qu’il avait un fils, conçu pendant sa vie laïque, qu’il côtoya pendant 40 ans. Puis on prend le Oku-no-in qui est une nécropole sacrée et un chemin de 2 km jusqu’au mausolée de Kôbõ, bordé de cèdres centenaires. (200 000 pierres tombales) puis le pavillon des lanternes, le mausolée de Kôbõ Daishi qui est le coeur spirituel de Kõyasan. C’est là que le moine demeurerait pour l’éternité dans un état de méditation pour permettre la délivrance de tous les êtres humains. Le mausolée est entouré de cèdres centenaires et d’un clair ruisseau de montagne.

Voilà une description rapide de Kõyasan, lieu éminament spirituel quelque soit votre religion. J’ai dormi dans un de ces temples, Sekisho-in, mangé des spécialités culinaires De Koyasan, notamment un Shôjin-ryõri (cuisine végétarienne des moines). Cette cuisine est originaire de Chine. Les differents mets ont été adaptés au cours des siècles par les moines japonais. En accord avec l’enseignement bouddhiste, ces mets sont végétaliens et basés sur 3 principes: celui des 5 goûts, celui des 5 modes de cuisson, et celui des 5 couleurs. Chaque repas comporte une soupe. On mange aussi du Kõya-rôti (tofu congelé puis séché) et du Goma-Dôchu (tofu de sésame). Une manifestation religieuse bouddhiste le lendemain matin clôturera ce super séjour dans ce monastère. Après la visite décrite ci-dessus, je repars par le funiculaire, puis par un train rapide à Nanba et Osaka.

J’ai un rendez vous important avec Saki et Momoko au centre d’Osaka. Saki a  vécu une année chez nous à Olivet et est venue tout spécialement de Tokyo pour me voir. Elle m’annonce son prochain voyage et fut ravie de mon invitation en France pour leur voyage de noce. À suivre…

Je remercie Mayu pour son appui si important me permettant de parcourir les 24 Temples, revenir au premier, puis marcher vers les deux temples de Kõyasan et ainsi réaliser l’intégralité du pèlerinage en fermant la boucle des 88 Temples de l’île de Shikoku. (J’avais parcouru 64 Temples il y a 3 ans.) Merci Mayu.

Île Spirituelle Shikoku Henro

Île Spirituelle SHIKOKU HENRO
Le pèlerinage de Shikoku (Shikoku Henrõ) relie en boucle 88 lieux sacrés de Shikoku où il est dit que Kõbõ Daishi (Kukai) 774-835 à approfondi sa connaissance du Bouddhisme. Parcourir les 1200 km est un moyen de se rapprocher de l’état de Satori, entouré par les Temples, la nature, les routes, les paysages, mais aussi les hommes, la culture, les statues de Bouddha.
J’ai réalisé ce pèlerinage comme une aventure spirituelle, en cherchant à respecter la tradition, le protocole bouddhiste en entrant dans chacun des 91 Temples. (88 Temples, je suis retourné au Temple 1 (Ryõzenji) pour fermer la boucle et j’ai visité 2 Temples majeurs à Kõyasan (Kongõbuji et Kõbõdaishi-Byõ) au sud de Naha (ancienne capitale du Japon) sur la Kii péninsule. Ce pelerinage je l’ai fait sans renier ma religion d’origine, je suis catholique, en prenant la tenue vestimentaire du pelerin que je décrirai plus loin. J’ai réalisé ce pèlerinage en 2 étapes: la première il y a 3 ans où j’ai marché du Temple 1 au Temple 35, puis du Temple 46 au Temple 64 et de 68 à 77 soit 64 Temples. Lors de ce tour du monde finir le pèlerinage de Shikoku est un objectif majeur à savoir marcher des temples Gõshõji 78 à Õkuboji temple 88, puis Daikoji 67, Unpenji 66 accessible par un téléphérique qui monte à 1000m, et Sankakuji 65, puis 36 Shõryūji à Iwayaji temple 45, revenir au Temple 1 et les Temples de Kõyasan cités ci dessus. Le temps imparti m’a amené a accepter la proposition de Mayu de circuler des temples 78 a 88 en voiture, c’est la raison pour laquelle j’ai commencé par aller dans ses temples proches de chez elle, Tokushima. Je suis arrivé à Tokushima venant d’Osaka, retour de Tokushima par le ferry pour conclure par les Temples de Kõyasan. Pour des raisons de securité, forte pluie en montagne j’ai été amené à utiliser les transports en commun bus ou train.
Au niveau administratif l’Île de Shikoku se divise en 4 prefectures qui définissent 4 zones appelés lieux de pratique (dojo): Tokushima (Awa) Lieu de réveil spirituel, Kõchi (Tosa) Lieu de pratique ascétique, Ehime (Iyo) Lieu de l’illumination et Katana (Sanuki) Lieu du Nirvana. Ne vous inquiétez pas je ne suis pas arrivé dans un état l’illumination, mais globalement j’étais bien, en forme physique mentale et spirituelle, vous l’avez compris, je n’ai pas réalisé mon pèlerinage dans l’ordre logique du 1 au 88. Il y a 3 ans j’ai du pour des raisons de planning et de temps à consacrer, contourner les zones où les Temples étaient trop espacés les uns des autres. J’ai arrêté mon pélerinage à Matsuyama pour me rendre à Hiroshima en ferry.(lire mes articles rubrique Japon)

L’équipement du pèlerin, apprécié par les japonais quand les occidentaux le portent, est constitué de: bâton du pèlerin, veste blanche qui représente la pureté, chapeau en bambou, étole portée autour du cou, cloche, bracelet objet bouddhique dès plus familiers, le sac blanc où l’on range tout son materiel de pelerin, des étiquettes on l’on inscrit ses voeux, son livre où l’administration du temple tamponera en rouge chaque feuillet representant un temple avec une caligaphrie exceptionnelle en noir. Une boite à bougies et une boîte de bâtonnets d’encens, un stylo.
Faire ce pèlerinage correspond à mon évolution depuis plusieurs années, de ne plus rechercher la performance mais la voie spirituelle, pour mieux me connaître et mieux me comprendre. Au fur et à mesure de mon avancée, de nombreuses questions me viennent à l’esprit: mon passé, ce que j’ai fait, tout ce que Je vois et j’entends notamment provenant de la nature, tout ce qui m’interpelle, et me fait réfléchir, projection sur le futur. Ce pelerinage est pour moi une opportunité exceptionnelle de me trouver, de me retrouver, de retrouver mon père, de penser très fortement à ceux que j’aime et qui sont importants pour moi.
Le pèlerinage m’aide au démarrage de ma retraite, à réfléchir sur mon avenir proche en toute sérénité, à avoir une profonde réflexion sur des proches disparus ou non, à avoir les bons comportements pour préserver ma santé physique mentale et spirituelle, à vivre pleinement sans recherche de confort en marchant en pleine nature, à définir l’essentiel de l’important de l’urgent, ce qui me permet de me positionner sur mes activités dans les prochaines années. (Exemple je veux être disponible pour mes petits-enfants), c’est une priorité et je m’organise en conséquence, je veux passer du temps en montagne, je veux rendre visite à notre fils et belle fille au Canada, je veux passer du temps avec maman que l’on va fêter prochainement pour ses 90 ans.

Un peu d’histoire concernant Kūkai où Kõbõ Daishi. Il fait partie des personnages dés plus important au Japon.il est né à Shikoku, est partie en Chine puis est revenu au Japon avec les enseignements du Mikkyõ. En plus d’être moine, il est devenu spécialiste reconnu en calligraphie, l’éducation, l’art et les travaux publics.(notamment construction d’un reservoir d’eau au centre de l’île). Kūkai est le fondateur de la secte Shingdon. En tant que pèlerin on prend conscience que nous marchons où Kūkai a marché dans sa jeunesse. Son portrait est en première page du livre que je fais estampillé et calligraphié à chaque passage d’un temple.
Je rappelle que j’avais réalisé le pèlerinage du Kumano-Kodo il y a 3 ans et dans le cadre de la première partie de celui de Shikoku j’avais fait l’ascension du Mont Ishizuchi (1381m) sur lequel Kūkai a fait son apprentissage et qui est le lieu où se pratique les cultes aux montagnes sacrées (shugendõ).
Le chemin que j’emprunte est indiqué par une signalétique pas toujours bilingue, difficile donc parfois d’être sur la bonne direction.L’utilisation du GPS MAPSME aide bien.
Mon neveu préféré m’a demandé de rappeler la procédure que j’effectue quand je rentre dans l’enceinte d’un temple et que j’effectue systematiquement:
Je me courbe devant la porte principale en faisant face au Hondõ (temple où la divinité principale est vénérée (Bouddha), puis je me purifie en me lavant chacune des mains et la bouche à l’aide d’une petite coupole avec manche dans la fontaine ou bassin d’eau. Je laisse mon baton de pélerin et mon sac à dos dans un support prévu souvent a côté de la fontaine. Pour signaler mon arrivée je sonne la cloche abritée et impressionnante la pluspart du temps. Ensute je place une bougie que j’allume dans l’armoire transparente, allumé 3 bâtonnets d’encens (1 pour les générations ascendantes, un pour les générations descendantes, et un me concernant comme individu. Je monte les marches du Hondõ, écrit sur l’étiquette image acheté en nombre, mes voeux et la place dans l’urne consacrée. Une donation peut être faite, réciter un soutra.souvent à côté, au dessus du Hondõ se trouve le Daishido où est vénéré Kūkai. On reprend la même procédure que pour le Hondõ. Apres une bonne réflexion interieure, on n’oublie pas de se rendre au bureau d’administration du Temple pour se faire tamponner et calligrafier, notre livre de pèlerin en échange de 300 yens. On récupère son baton de pélerin, son sac et on part vers le temple suivant. Tout un programme n’est ce pas!
Je m’intéresse à l’hébergement en fin de journée ce qui m’a obligé à m’adapter à toutes situations notamment de dormir dans un abri de fortune sans équipement particulier, voir dans une toilette publique d’une plage proche du Temple Shõryuji temple 36. J’ai campé à deux reprises é volant avec un pèlerin qui avait l’équipement, et on peut être hébergé dans l’enceinte du Temple.

Les photos jointes sont celles prises lors de mon retour au Temple 1 Ryozenji par lequel j’avais commencé mon pèlerinage il y a 3 ans.

SANAGOCHI, un si beau village proche de Tokushima

Sanagochi se trouve à 15 km au sud Ouest de Tokushima. La notion de village au Japon inclus toute une vallée. Après avoir parcouru les 11 Temples (78 à 88), Mayu m’emmène dans son village, Sanagochi, ayant préparé ma bienvenue en étant invité chez Tari Tagushi professeur a l’université avec sa femme Hiroko et leurs 2 garçons adorables Genia et Tangi. Toute une expérience que de vivre 2 jours dans cette famille. Le soir de notre arrivée un barbecue avec un ami Takashimi qui s’occupe du développement local. Ce fut un grand moment de partage d’expérience, pour moi la découverte de la vie de tous les jours d’une famille japonaise. Takashimi me prépare un vélo pour aller à Tokushima où je verrai son centre de Congrès et son université. Tokushima est la ville de départ de cette deuxième phase de mon pèlerinage, et sera la ville où je conclurai le pèlerinage en repassant au Temple 1 où j’étais il y a 3 ans.

Que les Japonais dans leur large majorité sont accueillants, se mettent à votre disposition pour vous aider. Les étrangers les intéressent, surtout quand vous les informez que vous ètes français.

Le 2 mai nous partons vers le centre de l’île où apres un dîner dans un restaurant typique japonais (un client m’offre du Saké), nous nous rendons chez les parents de Mayu, Yoshihiro son papa, Mieko sa maman. Le lendemain petit déjeuner traditionnel avec la MISO soup, et du Natto que j’ai aimé  lien que l’on m’ait averti que la pluspart des occidentaux n’aime pas Le lendemain je marcherai vers 3 Temples non effectués il y a 3 ans.

Pelerinage SHIKOKU Henro

Le Pélerinage SHIKOKU Henro est en cours d’homologation par l’UNESCO, pour être inscrit comme Patrimoine Mondial (World Héritage): les 88 Temples et le chemin  des Pèlerins. Le Shikoku Henro pèlerinage offre un parcours en boucle, magnifique de 1400km traversant 4 Préfectures et reliant 88 Temples qui sont en relation avec Kõbõ Daishi dit Kūkai. Le Shikoku Henro est un voyage spirituel entrepris par de nombreuses personnes de differentes façons. « C’est un bien culturel vivant ». Et bien mon projet se réalise je vais finir de parcourir les 24 Temples qui me restent, pour finaliser mon pèlerinage des 88 Temples de Shikoku. Claude devient un « Henro ».

Le cérémonial de notre parcours dans un Temple se déroule de la façon suivante: on rentre par porte (porche) principale en s’inclinant 3 fois, puis on se dirige vers la fontaine pour se purifier les mains et la bouche à l’aide d’une coupelle. Je laisse le bâton de pèlerin et mon sac, puis me dirige vers la cloche pour la faire sonner marquant notre presence.  Je vais vers le Temple principal pour déposer 3 bâtonnets d’encens et une bougie que j’allume. Puis je monte sur le perron du Temple, m’incline et fait ma prière. Les bouddhistes récitent un mantra. On dépose dans une urne notre voeux inscrit sur une feuille prévue que le pèlerin à en nombre suffisant. Une urne recoit les donations. On recommence la même procedure au Daishi ou Kukai Temple. Apres ma prière je me rends au bureau du Temple pour faire estampiller mon livre de pèlerin en échange de 300 yens. Puis je reprends mes affaires m’incline une fois pour sortir par la porte principale. Les pèlerins peuvent venir groupés, ils recitent le mantra ensemble.

Je vous montre quelques photos significatives des 11 premiers Temples visités du 78 (Goshoji) au 88 (Okubuji). Les jardins ou parcs sont particulièrement bien entretenus. C’est un vrai plaisir que de marcher dans ces jardins dont les rhododendrons multi couleurs sont en pleine floraison. Cela incite au recueillement, à une réflexion intérieure, à penser à ses proches, à notre mère Terre pour une bonne prise de conscience à sa préservervation, pour que la PAIX reigne dans notre monde… on entend que les bruits naturels du vent qui remue les branches, des oiseaux, de l’eau qui coule en cascade…

Le Bouddhisme au Japon fut introduit vers les années 540. Pendant la Tenpyo période 729-749 et plus tard, Kūkai organise des enseignements et des causeries pour le commun des mortels. En ce moment, c’est seulement au Japon et au Tibet que Mikkyõ fait partie de croyances par des gens qui font vivre cette religion et font poursuivre des recherches académiques.

Ces 11 Temples parcourus, Il me faut maintenant revenir en arrière pour parcourir les Temples 65 (Sankakuji), 66 (Unpenji) 67 (Daikoji), puis les Temples 36 (Shouryuji) au Temple 45 (Iwayaji), et ainsi j’aurai realisé le pèlerinage en son entier. C’est mon défi des 10 prochains jours réalisant cette fin de parcours seul, Mayu devant rentrer. Je précise qu’il y a 3 ans dans le cadre du pelerinage Kumuno Kodo, je suis allé a Kõyasan et j’ai gravi le Mont Kõya qui  est le siège d’une section du Bouddhisme, le Shingon. Kõyasan est le lieu où mourut Kūkai/Kõbõ Daishi. (je précise cela car de nombreux pèlerins vont à Kõyasan avant ou après avoir réalisé le pèlerinage des 88 Temples de Shikoku.)

Osaka

J’arrive par avion à Osaka. L’aéroport est bien organisé, aucune difficulté pour trouver un bus qui me rend directement à la gare centrale d’Osaka, Osaka Station City . Il faut aller vite car j’ai rendez vous avec ma nièce Frédérique, la fille de Luc, le frère d’Émie. Je dois réserver mon billet de bus pour Shikoku plus précisément Kokubunji où j’ai aussi rendez vous, demain avec Mayu l’amie de Mari. Mari est la conjointe de Pawel chez qui j’étais en New Zealand, vous suivez… ( VOIR les articles sur la NZ). Grâce à messenger Frédérique me donne rendez vous aux statues géantes sur la grande place d’Osaka Station City. Quelle belle rencontre qui devait se faire, Frédérique partant pour Tokyo demain et moi partant pour l’Île de Shikoku finir le pèlerinage démarré il a 3 ans. J’ai beaucoup apprécié cet échange très positif avec Frédérique, elle a travaillé le week end à Montréal en plus de sa semaine pour payer son voyage. On se reverra en juin chez Antoine mon fils…

Quelle ville, plutôt une mégalopole, j’y étais il y a 3 ans lors du voyage pour l’ascension du Mont Fuji, du pèlerinage Kumano Kodo, et le démarrage du pèlerinage des 88 Temples de Shikoku qui est un de mes objectifs principal de mon Tour du Monde: le terminer. (Voir articles Japon)

 

Okinawa Naha my last day

Plutôt que de rester dans les îles paradisiaques de l’archipel de Shikoku, j’ai opté pour une visite culturelle de Naha la capitale: le Musée d’Okinawa Prefetoral et Art Museum, puis toujours à pied je me suis rendu à Shurijo Castle et son parc.

1Museum et Art Museum: le Musée d’une architecture monumentale tout en beton gris de prime abord ressemble plus a une prison, il permet de découvrir l’histoire d’Okinawa. Une reproduction de l’homme <Minotogawa> si j’ai bien compris les fragments retrouvés au sud de l’ile datent de plus de 20000ans. Une presentation de Miruku God m’attire, il porte un masque qui ressemble a Hotei deity. Le Dieu vient de la Terre Niraikanai, une maison mythique (derrière la mer). Il apparaît lors de la saison de la moisson et apporte la joie et beaucoup de graines… On voit aussi la reproduction de bateaux, de scènes de vie anciennes.

-Art Museum: Grandchildren de Tsuguharu Finir à 1938, Dressés in White Bo n gars de Sont un Nadoyama 1946 femme habillé d’un costume tra ditionnel Ryukyuan., Runway de Masayoshi Adaniya qui peint une action militaire américaine en < White abstraction>, ASA Woman de Chikako Yamashiro 2008… 2 Shurijo Castle Naha qui est un témoignage de la splendeur du Roi Ryukyu. Couleur rouge et architecture d’influence chinoise en rénovation construit il y a 500 ans, et rénové. On peut voir gravé et peint des dragons dorés… Je visite les pièces toujours utilisés par le roi. Les cérémonies de nouvelle année s’y déroulent et le parc est resté très nature, splendide le tout enfermé par des remparts.

Je ne peux tout faire et faute de temps je ne vais pas visiter ni l’aquarium de Okinawa, un dès plus important et dès plus beau du monde, ni le Okinawa Leave Hall, mais dans mon premier article d’Okinawa je vous ai décrit le Memorial Museum qui relate la bataille d’Okinawa qui a laissé une peinte et un souvenir triste, et dont il est fait souvent référence la population d’Okinawa ayant été victime de cette deuxième guerre mondiale.

Tokashiki Île de l’archipel d’Okinawa

Le jour de mon anniversaire je me suis payé le luxe de réserver 2 jours dans une des 150 îles que constituent l’archipel d’Okinawa. Climat subtropical, Okinawa est  à la hauteur de Taïwan à mi chemin entre Le Japon et Taïwan. L’influence de la Chine, du Vietnam, des Philippines et des îles du Pacifique où Okinawa se trouve au nord, quand la New Zealand se trouve à l’extrême sud. En volant de Auckland à Okinawa je suis passé de l’hémisphère Sud à l’hémisphère Nord. Lors de la conception de mon Tour du Monde j’avais beaucoup hésité, îles de Polynésie françaises, Hawaï, la Nouvelle Calédonie que j’ai survolée…, et bien J’ai opté pour Okinawa pour deux raisons: la première concernant la thématique de la longévité, la deuxième, me rapprocher de l’île de Shikoku au sud Ouest d’Osaka. Alors quand j’appris qu’à 2 heures de bateau de Naha la capitale d’Okinawa,  je pouvais atteindre une île paradisiaque, je n’ai pas hésité. Je réserve le bateau et un guest house sur l’île Tokashiki au sud Est de Naha. Le temps était nuageux mais l’accueil du propriétaire qui m’a amené directement sur la plage Aharen, m’a loué masque tuba et palmes pour que je découvre les fonds sous marin, les coraux et les poissons multi color. Un bonheur avec une eau à 20°environ. Attention au coup de soleil me souffle Émie. Je me protege et fais d’une pierre deux coups en nageant tout habillé (mes affaires commencaient à faire sales). Dommage Antoine n’était pas à côté de moi pour me dire que mon S8 peut prendre des photos dans l’eau. Il suffit de le rincer en sortant par de l’eau douce me dit un jeune québécois rencontré le lendemain. Alors j’ai pris des photos de photos de fonds sous marin. (Antoine me confirmera par la suite que le S8 n’est pas conçu pour aller sous l’eau…) Dans le bateau je suis attiré par un Japonais qui porte un Tee shirt rouge <100km de Fukushima>, Yukihiro Nishino nous sympathisons immédiatement quand je lui montre le Tee shirt que je porte <finisher des 175 km Ultra-trail du Mont-Blanc>. C’est son rêve que de s’inscrire à cet Ultra-trail… sa jeune compagne Miyako sert d’interprète. On se retrouve sur la plage, il m’invite au lokout Kubandaki prendre une bière pour 18:00. Je n’avais pas réalisé que ma Guest house est à 6km. Que cela ne tienne je pars en marchant pour rejoindre la plage et le lokout. Ils arrivent comme prévu et on boit deux bières locales d’Okinawa. La pluie menace, on descend au village, on choisi une table à l’extérieur mais protégée … et l’orage éclate. Un jeune couple nous rejoint, Anau Akuba est modèle à Tokyo et lui travaille dans la mode, puis un couple de français journaliste , Laurent Geslin et sa compagne, nous offre nougats et bières. Une ambiance fraternelle grâce à la personnalité de Nishino qui encourage les rencontres. Quel bel échange international dans la joie et la bonne humeur arrosé de bonnes bières. L’orage cesse et je repars à pied en pleine nuit vers 9:30 rejoindre ma Guest house. Rien ne m’arrête, pour moi tout est possible surtout quand on priorise l’échange la convivialité, l’écoute et le respect. Top soirée. Le lendemain le proprio m’amène à la deuxième plage: Tokashiki beach en me promettant que je verrai des tortues de mer. Mais le temps est très nuageux, l’eau est relativement fraîche, je n’ai pas d’équipement et voyant de petits groupes avec combinaison de plongée… Je me dis que je ne verrai pas de tortues cette fois-ci. (J’ai nagé avec les tortues au Mexique, alors je ne suis pas déçu). Le soir je reprend le bateau pour Naha ayant hésité à rester mais j’ai privilégié la visite du musée et du château et je ne le regretterai pas. Vous voyez à travers mes anecdotes mon voyage est d’une grande souplesse, grande liberté. En fait je n’ai réservé que les voyages en avion qui définit les lignes forces de mon Tour du Monde. Arrivé à destination je réserve quelques nuits de Guest house ou Backpackers pour me laisser libre de décider le détail de mes visites…

Okinawa, recette pour vivre longtemps en bonne santé

Le propriétaire de la Guest House où je me trouve à Okinawa, m’invite à découvrir un restaurant à environ 15 ‘ à pied. Me voilà parti à sa découverte sur la base d’indications pas très précises. En tout cas, là où il m’a été indiqué  je décide de choisir un petit  restaurant, Daihuku sur  Okiedori street. Je ne vais pas le regretter…

Je commande après que la cuisinière m’ait présenté 3 plats differents, une soupe de vegetaux frais du jardin appelé SOBA spécialité d’ Okinawa, très  populaire. Cette soupe est à base de brocolis, salades, divers vegetaux, de nouilles locales, gingembre, d’algues marines, du poisson <bonito>, un petit morceau de porc, accompagnée pour ceux qui le souhaitent de  ORION popular draft beer from Okinawa.
Aloibera plante verte voir photo pour me protéger de coup de soleil , et aussi utilisé en cosmétique. Je me frotte la peau du visage et des bras. Elle me sert ce même Aloibera en salade avec une sauce spéciale pour cacher le goût un peu amer.
Je conclus ce repas delicieux par du pain perdu, une tomate fraîche et du saké d’Okinawa appelé Awamori. Je suis en forme et j’ai rajeuni de 10 ans!!!

 

Vivre vieux en bonne santé: le secret d’Okinawa

Je crois qu’une bonne hygiène de vie en s’endormant régulièrement, en mangeant bien à savoir de bons produits sains, biens cuisinés, en ayant une activité physique quotidienne, en vivant dans un environnement sain non pollué,  sans stress, en communiquant et ayant de la compassion sont les conditions pour vivre vieux en bonne santé.

Dans Orléans Métropole je me déplace à vélo toute l’année quelque soit le temps et la température. Je marche toujours pour réaliser de courtes distances. J’évite de prendre les ascenseurs, car évoluer en verticalité avec les escaliers nous fait du bien: étirements sans le savoir et musculairement c’est très bon de monter puis descendre, ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent. Je pratique le ski de randonnée qui est un des sports les plus complet. Je n’ai jamais fumé, sauf que les personnes de ma génération ont eu à subir les fumeurs sans que les équipements soient installés (ventilation, renouvellement de l’air…). Il ne faut pas mettre le facteur de pollution sous silence, notamment de l’air. Je suis convaincu de son impact même si la profession médicale n’alerte pas suffisamment (pour des raisons certainement politique!!!). Le facteur hérédité joue un rôle certain, sachant que dans la plupart des situations, respecter les différents  points listés ci dessus ne peut qu’augmenter notre espérance de vie et rester en bonne santé de surcroît quelque soit l’espérance de vie dictée par notre hérédité, cette espérance ne peut qu’augmenter … c’est mon espoir …

Ayez donc une vie saine dans un environnement sain, vivez le moment présent en évitant tout stress, développer la relation avec vos proches mais d’une manière générale en profitant de toute rencontre qui ne peut que vous enrichir, et développer la compassion, soyez positif… travaillez aussi votre esprit par toutes sortes d’excices notamment la méditation, le Gi Gong, Yoga  qui associent physique et esprit… tout un programme n’est ce pas.

Pour compléter mon analyse vous trouverez ci-après un article de JC Nathan et une conférence très intéressante  du professeur Makoto Sezuki, des docteurs Jean-Marie Robine et Jean-PaulCurtay.Bonne lecture et envoyez moi vos avis, vos références … surtout, PORTEZ VOUS BIEN, et … n’oubliez pas de marcher surtout, un petit peu tous les jours…

1 Article de JC Nathan paru dans L’observatoire des aliments.

« L’île Okinawa détient un record en nombre de centenaires. D’où le célèbre régime d’Okinawa, promesse de santé et de longévité exceptionnelle.

Le régime Okinawa, du nom de l’île (archipel de Ryükyü, au sud-ouest du Japon)  où vivent de nombreux centenaires, laisse imaginer un mode alimentaire propice à une bonne santé et à une forte longévité. L’île d’Okinawa compte un taux de 600 centenaires pour un million d’habitants, soit près du double de la France (307 pour un million d’habitants), et bien plus que le Japon dans son ensemble (aux alentours de 350).

Hérédité et alimentation
Non seulement, on vit vieux, mais on vit en bonne santé sur Okinawa. On peut voir des personnes de plus de 90 ans en train de s’activer sur leur lopin de terre. Un cardiologue et gérontologue japonais, Makoto Suzuki, a étudié dans les années 1970 le mode de vie des habitants de l’île pour comprendre ce phénomène. Une étude nationale révèle que cette longévité hors du commun est due en partie à l’hérédité, en partie au mode de vie, et donc en particulier à l’alimentation.

Peu de calories, peu de graisses
Comment mangent les Okinawais ? Il semble dans ce coin du Japon, que l’alimentation soit peu riche en graisses et faiblement calorique. En revanche, les habitants d’Okinawa mangent beaucoup de protéines animales (poisson, mais aussi volaille), beaucoup de légumineuses et de légumes verts. Autre caractéristique, les Okinawais font un usage plutôt modéré du sel, et respectent la norme recommandée au Japon (moins de 10 g par jour), à la différence de leurs compatriotes.  En France l’apport recommandé est de 8 g de sel par jour et l’Organisation mondiale pour la santé a mis la barre à 5 g par jour.

Faible densité énergétique
La faible densité énergétique (petit nombre de calories par quantité mangée) serait la clef  de la bonne santé. Des aliments à forte teneur en eau, en fibres (légumes, légumineuses) et en protéines permettent d’éprouver rapidement la satiété. La moindre consommation de calories protège de l’obésité, favorise un bon bilan sanguin en termes de cholestérol et de triglycérides, moins de déchets métaboliques et donc moins de radicaux libres, source d’usure de l’organisme et de vieillissement.

Le régime Okinawa type
Des nutritionnistes ont cherché à définir les principes du régime type d’Okinawa. Il s’agirait de manger des petites portions, de ne pas manger jusqu’à satiété (arrêter avant d’être rassasié), de privilégier la diversité des aliments, de manger des aliments frais, de cuire les aliments à feu doux, de cuire et consommer les aliments séparément…

Le menu type d’Okinawa « occidentalisé » est composé en premier lieu de légumes et de fruits, de céréales complètes. Puis, dans une moindre proportion d’aliments riches en calcium, d’aliments riches en oméga-3 (poissons, fruits de mer, noix et graines…), à boire du thé vert. Produits avec sucresajoutés et alcool sont consommés avec modération. Si l’on veut japoniser davantage, on consommera des algues, du miso, du tofu…

Activité et solidarité, deux ingrédients clef
Les observateurs attentifs soulignent que dans la société d’Okinawa, les personnes âgées continuent à s’activer, participent à fortement à la vie sociale, ont de multiples échanges entre voisins. Le yuimahru, expression du dialecte local qui veut dire l’esprit d’entraide, est très vivace. »

JC Nathan

Sources : Okinawa, l’île des centenaires http://www.japoninfos.com, www.passeportsante.net

Un italien qui vit depuis plus de 10 ans au Japon , m’affirme que ces affirmations sur la longevité c’est <bulshit> n’importe quoi. A demander à d’autres personnes, il semblerai que les conditions de vie, d’alimentation des gens d’Okinawa ont bien évolué.

Je trouve intéressant de vous publier la conférence  intitulée: Le modèle Okinawa : les clés du bien vieillir.

2 Le 26 mars 2009 une conférence a été donnée sur le thème ‘Les clés du bien vieillir : Pourquoi le modèle Okinawa a remplacé le modèle crétois par le docteur Makoto Suzuki, fondateur de l’Etude des Centenaires d’Okinawa, accompagné du docteur Jean-Marie Robine, président du Comité international Longévité et Santé, et du docteur Jean-Paul Curtay, auteur de « Okinawa, un programme global pour mieux vivre ». En voici le compte-rendu.

Pourquoi le modèle Okinawa a remplacé le modèle crétois

– Dr Makoto Suzuki : Okinawa est un archipel de 44 îles habitées au sud du Japon. Il a le record mondial de longévité, les femmes ont une espérance de vie de 87 ans. Le taux de centenaires est également un record, on a 61 centenaires pour 100 000 habitants soit deux fois plus qu’au Japon, et trois fois plus qu’en France.
Là sur la diapositive, c’est une paysanne morte à 99 ans d’une broncho pneumonie légère n’ayant eu aucune maladie particulière tout au long de sa vie. Cette personne a donc vécu en très bonne santé sans aucun signe de morbidité et la seule chose que l’on ait pu enregistrer, a été cette broncho pneumonie et là le déclin a été extrêmement rapide. La partie de sa vie, où elle a vécu en mauvaise santé, a été réduite au strict minimum.

Dans l’étude que nous menons depuis plus de trente ans à Okinawa
sur les populations très âgées et à travers les différentes enquêtes nous indiquant les personnes frêles, fragiles ou âgées dépendantes pour les activités de la vie quotidienne (s’habiller tout seul, manger tout seul, etc.), nous nous sommes aperçus qu’il y avait une accumulation du nombre de centenaires. Nous avons constaté que l’aptitude à vivre de façon indépendante a diminué. Pour résumer, la survie a augmenté, il y a de plus en plus de centenaires à Okinawa mais ils sont de plus en plus dépendants.

Il y a 30 ans sur les 32 centenaires que comptait l’archipel, 85% étaient complètement robustes alors qu’aujourd’hui sur 900, 15 le sont vraiment et c’est un phénomène que l’on retrouve aussi aux Etats-Unis ou au Japon. Le groupe de dépendants, même à Okinawa, a tendance à augmenter alors que l’autre reste stable. Si on considère que la grande majorité des gens meure de problèmes cardio-vasculaires, d’attaques cérébrales, de cancers, les centenaires aujourd’hui qui ont réussi à repousser toutes ces maladies présentent un aspect physiologique normal où la mort n’est pas liée à celles-ci mais à des facteurs naturels.

J’ai publié un ouvrage sur ce sujet-là en 2002, et depuis il y a eu de nombreuses traductions dans un certain nombre de pays (Turquie, et Chine, compris.) dont une aux Etats-Unis qui a remporté un vif succès. En France, c’est le Dr Curtay qui en fait la traduction et le titre est Okinawa, un programme global pour mieux vivre. Il est aujourd’hui présent et interviendra en fin de session.

Facteurs de longévité

Il y a quatre grands facteurs qui expliquent cette longévité :

le premier est le choix et la préparation des aliments,
l’activité physique,
les techniques d’aides personnelles c’est-à-dire comment on arrive à prendre soin de soi
et enfin le soutien mutuel qui est remarquable à Okinawa, l’importance du tissu social.

Le choix et la préparation des aliments

Là sur cette diapo c’est un plat typique d’Okinawa qui est le Goya Champurur c’est-à-dire un mélange de melon très amer, de tofu, porc, d’œ,ufs, de sel et de sauce de soja. Sur la suivante, on voit dans des ateliers de cuisine, la fabrication du mozuku qui est composé de plantes brûlées que l’on utilise dans la médecine chinoise, et qui permet de soigner un certain nombre de pathologies. On cuit le riz à la vapeur en utilisant ces vapeurs de mozuku

La façon de préparer les aliments est aussi importante que le choix des aliments. On le voit là dans cet exemple où on fait cuire des morceaux de porc avec la peau mélangés à des algues et de la sauce de soja. Cela consiste à faire bouillir l’ensemble pendant 8 heures et à écrémer toutes les heures les graisses qui vont remonter à la surface et qui forment une sorte de croûte ce qui fait que l’on se débarrasse de celles-ci, type cholestérol, triglycérides qui peuvent être nuisibles. C’est une des façons traditionnelles de préparer les aliments à Okinawa. Version moderne, on prépare le même plat en une heure au micro onde mais cela ne permet pas d’extraire toutes les mauvaises graisses.

L’activité physique

Sur cette autre diapo, on voit un habitant d’Okinawa âgé de 102 ans qui s’occupe de sa ferme ce qui lui permet de garder une activité physique complète. Sur la suivante on voit un champion olympique âgé de 92 ans qui garde une activité complète.

Là, on voit une personne se prosterner devant une sorte d’autel érigé en mémoire de sa famille. Cela fait partie de la culture asiatique en général et d’Okinawa en particulier que de renforcer la conscience du rôle de chaque individu dans la famille. On est beaucoup moins individualiste que dans la culture occidentale. Il y a un autel familial dans chaque maison et les ancêtres ne disparaissent pas. C’est le culte des ancêtres. Les gens n’ont pas peur de mourir ce qui n’est pas sans conséquence sur le moral. Il y a une continuité, un rite et régulièrement des fêtes des morts saisonnières. On va aller visiter les morts, on leur apporte de la nourriture, on discute avec eux régulièrement et cela joue aussi un rôle dans l’appréciation de la vie quotidienne.

Le culte des ancêtres

Ici on voit une dame de 92 ans qui prie et qui remercie les ancêtres pour la réussite de son petit fils à l’université. Cela illustre toute l’importance du rôle des séniors, des personnes âgées qui font ce lien entre les ancêtres et les descendants. On ne fait pas de coupure. Il y a un lien entre ceux qui sont dans l’au-delà et ceux qui sont ici.

Pour illustrer l’activité des séniors, j’ai rencontré il y a quelques jours à Tokyo un monsieur de 97 ans qui travaille toujours à l’hôpital et qui a su garder un esprit vraiment créatif en établissant une entreprise qui aide au maintien des séniors.
On voit sur cette diapo une réhabilitation de la culture de la canne à sucre. C’est une tradition rurale de ne pas récolter tout seul dans un village, c’est la communauté qui le fait pour chaque propriétaire. C’est en fait une tradition très ancienne : si on doit construire une maison dans le village, on ne la construit pas tout seul, tout le village la construit et donc quand il y a quelque chose à construire, c’est une œuvre communautaire et cela se retrouve dans certains réseaux urbains où il est resté cet esprit de collaboration.

Moai et entraide

On a là une illustration sur ce que l’on appelle un moai, un groupe d’entraide et ces groupes ont une longévité assez incroyable comme vous pouvez le voir : ce sont des gens qui se sont connus à l’école élémentaire et se réunissent pour fêter le diplôme qu’ils ont eu il y a 88 ans. C’est l’illustration que dans ces groupes d’entraide, on partage les joies et les peines tout au long de la vie. Il y a une solidarité qui s’exerce à Okinawa. Moai est l’idée de la fraternité, en quelque sorte une tontine.

Et je terminerai par la célébration d’une cérémonie où l’on voit des personnes âgées de 97 ans qui vont offrir un verre de saké aux personnes présentes qui espérent avoir la même longévité. Ce que l’on ressent là, c’est la valorisation des personnes âgées, être âgé c’est quelque chose de positif et qui se célèbre.

*

– Docteur Jean-Marie Robine : Le Dr Makoto Suzuki est vraiment un pionnier dans les recherches sur la longévité humaine. Il est l’initiateur de cette étude sur les centenaires à Okinawa qui a démarré dans les années 70. C’est absolument extraordinaire. Toutes les personnes qui ont mené des études sur les centenaires à travers le monde lui doivent quelque chose. C’est lui qui, le premier, a pensé qu’il y avait un intérêt humain, scientifique à s’intéresser aux personnes très âgées et celles qui avaient cent ans.

Mon rôle va être de mettre tout cela en perspective dans le cadre de la longévité au Japon. J’ai choisi de vous montrer quelle était l’augmentation de l’espérance de vie au Japon à la fois par rapport à une ligne que l’on connaît bien qui est l’espérance de vie record. C’est un travail qui a été publié dans Science il y a quelques années dû à Vaupel.

*ndlr : voir l’article ‘Biodemographic Trajectories of Longevity’ paru dans ‘Science’ le 8 mai 1998 (en anglais) en Document joint qui montrait quelles étaient les plus fortes valeurs d’espérance de vie atteintes dans le monde chaque année et cela formait une ligne droite c’est-à-dire que le record augmentait de 3 mois par an.

Depuis plus de 20 ans, c’est le Japon qui trace cette ligne record. Sur le graphique que je vous montre, en 1960, les cinq pays que j’ai choisis, avaient tous la même espérance de vie. Dans les années 75, les pays ont divergé et des pays comme les Etats-Unis ou la Norvège qui, avant la première guerre mondiale, établissaient des records sont aujourd’hui très en retard sur le Japon et il y a un écart de cinq ans d’espérance de vie entre le Japon et les Etats-Unis, le Danemark ou la République tchèque. L’Espagne montre une évolution un peu similaire à celle du Japon et a une très forte progression de son espérance de vie. La ligne de la France se situe entre le Japon et l’Espagne . Nous sommes en fait le second en terme d’espérance de vie après le Japon.

Au Japon, c’est 86 ans l’espérance de vie pour les femmes et 79 ans pour les hommes et le Dr Suzuki nous a dit qu’à Okinawa c’est un an de plus pour les femmes. Au Japon, l’écart entre hommes et femmes a atteint 7 ans en l’an 2000 et il persiste. Le Japon est le leader de la longévité.

Etudes sur la longévité dans le monde

On ne savait rien de la longévité humaine avant 1693. A cette époque, Allais, l’homme de la comète, l’un des plus grands savants qui s’intéressait à tout, a inventé la table de mortalité et a rassemblé des données sur la survie des hommes et a tracé la durée de vie des adultes. En fait cette distribution montre que c’est plat et que vous avez autant de durée de vie qui s’interrompt à 40 ans, qu’à 55 ou 65 ans. Il y avait autant de personnes qui mourraient à tous les âges de la vie. Entre 40 et 70 ans, c’est plat. En 1750, nait la statistique officielle en Suède. Les Suédois vont installer une collecte statistique tout à fait moderne. Il faudra un siècle pour que ce soit copié dans d’autres pays. Depuis cette date on a un suivi extraordinaire des décès et morts en Suède. D’après le graphique on voit qu’il y a une petite tendance à mourir vers 70 ans. En Suisse, c’est exactement la même chose et on voit clairement qu’il y a un âge le plus fréquent pour mourir pour les adultes. C’est tout ce que l’on sait avant la période moderne c’est-à-dire au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Tous les pays développés sont au même rythme. Là, le Japon montre bien que la durée de vie est de 80 ans.

Dans les années 80 une théorie va être proposée qui va avoir un impact considérable en biologie, en médecine, à propos de la compression de la morbidité : d’après le Dr James Fries, si on adoptait tous les comportements (ne pas fumer, faire du sport, adopter les bons régimes alimentaires, etc), on allait repousser la durée de vie moyenne à 85 ans. C’est l’horizon que l’on espérait atteindre et puis on allait réduire la mortalité prématurée. En fait personne ne devrait mourir avant l’âge de 70 ans mais personne ne devrait vivre au-delà de 100 ans. On va concentrer les décès à 85 ans et 10% des gens vont mourir à 85 ans. Lorsque James Fries écrit son article, les femmes japonaises avaient déjà atteint la durée de vie qu’il avait indiquée c’est-à-dire 85 ans et cela en 1980. Et l’on voit déjà une explosion du nombre des centenaires ce qui n’était absolument pas prévu.

30 000 centenaires au Japon, dont beaucoup à Okinawa

Qu’en est-il aujourd’hui au Japon. L’ensemble des durées de vie au cours des 20 dernières années, se sont déplacées vers des valeurs plus élevées en moyenne de 6 années mais il n’y a aucun autre changement dans la distribution des durées de vie. Je dirais que depuis Allais jusqu’en 1980, on a une compression de la mortalité. Depuis 1980 et au Japon, on a un déplacement total de toutes les durées de vie vers des âges plus élevés . Disons que sur les cinquante dernières années au Japon, la durée de vie la plus fréquente a augmenté très régulièrement de façon tout à fait linéaire de moins de 80 ans en 1950 à plus de 90 ans aujourd’hui. En fait la durée de vie des adultes augmente de 2 mois par an. La durée de vie la plus fréquente est plus élevée par rapport à l’espérance de vie à la naissance de 6 ans. La durée de vie la plus fréquente est de 92 ans. Dans les années 70, il n’y avait pratiquement pas de centenaires (il y en avait une dizaine) aujourd’hui il y en a 30 000. Une augmentation absolument pharamineuse. L’accroissement annuel au Japon est entre 10 et 20% et le phénomène est en train d’accélérer.

Dans nos pays où il y a une faible mortalité, il faut une dizaine d’années pour doubler le nombre de centenaires. En Angleterre par exemple, de 1960 à aujourd’hui, le nombre des centenaires double tous les dix ans. Au Japon il double tous les 5 ans. Il a été multiplié par 4. En 2009, il y a 36 000 centenaires au Japon . En 2007, il y en avait 32 000 c’est-à-dire quatre fois supérieur qu’en 1997. Dans les années 70, le nombre des centenaires a été multiplié par trois, aujourd’hui il est multiplié par 4.

Une fantastique augmentation du nombre des centenaires au Japon et dans ce cadre-là, il y a beaucoup plus de centenaires à Okinawa qu’au Japon. Il y aurait 2 fois plus de centenaires que dans le reste du Japon. On s’attend à avoir beaucoup d’individus âgés de 105 ans . Il y a plus de 1 500 personnes au Japon âgées de plus de 105 ans et celles âgées de plus de 110 ans, sont au nombre de 33. Le nombre de gens de 100 ans est constant ainsi que 110 ou 105 ans. Dans 20 ans, il y aura 36 000 personnes âgées de 105 ans et il y aura 1 500 personnes de plus de 110 ans.

Dans quel état de santé sont tous ces centenaires ? C’est la question qui nous préoccupe tous. Est-ce qu’ils sont robustes, est ce qu’ils ont un vieillissement réussi, est ce qu’ils sont déments ou alités. C’est déjà difficile de mesurer l’état de santé chez les gens de 70 ans mais on ne sait pas vraiment le faire chez les gens de 100 ans. Pour nous , c’est un défi. L’important est de se demander s’ils sont en bonne santé.

Une grande partie de nos travaux est d’arriver à mettre au point des mesures, des enquêtes qui permettent de trier parmi les centenaires ceux qui dans le fond seraient robustes pour 100 ans ou pour 105 ans et non pas par rapport à ceux de 20 ans bien sûr et puis ceux au contraire qui ne connaissent pas un bon vieillissement.

C’est tout l’enjeu. 100 ans, 105 ans cela nous fait tous rêver si c’est en bonne santé mais dans le cas contraire cela nous intéresse beaucoup moins. C’est une préoccupation non seulement du Dr Suzuki mais aussi du gouvernement japonais qui, depuis très longtemps, se soucie de la santé de ses centenaires et il n’y a aucun pays au monde où l’on peut avoir des chiffres équivalents à ceux-ci, qui proviennent d’enquêtes, qui ont été commissionnées. De 1973 à l’an 2000, il y a eu 6 enquêtes qui ont été commissionnées par le ministère de la santé du Japon pour avoir une idée de l’état de santé de cette population âgée de cent ans. Effectivement ces chiffres qui ne sont pas pour l’instant publiés confirment tout à fait les chiffres que nous a donnés le Dr Suzuki précédemment et on voit parallèlement leur état de santé moyen se dégrader.

En 1973, sur les centenaires recensés au Japon, il y en avait 37% qui étaient confinés dans leur chambre et dans les centenaires qui ont été dénombrés en l’an 2000, la proportion est montée à 78% , Donc les centenaires de l’an 2000 sont beaucoup plus dépendants, beaucoup moins actifs que ceux de 1973. Là, il y a une véritable inquiétude et c’est bien pour ça que le Dr Suzuki travaille essentiellement sur l’état de santé des centenaires.

Pourquoi le Japon est à l’avance de la longévité par rapport à l’ensemble du monde et pourquoi Okinawa a deux fois plus de centenaires que le reste du Japon par rapport aux autres pays et en particulier par rapport aux Etats-Unis ? C’est vraiment un sujet qui préoccupe l’académie des sciences américaine qui a mis en place un comité spécial pour essayer de comprendre pourquoi l’espérance de vie aux Etats-Unis plafonne, ne progresse quasi plus et a pris cinq ans de retard sur le Japon. Les Américains sont ceux qui mettent le plus d’argent dans la santé et pourquoi ont-ils de si mauvaises performances. On n’arrive pas à expliquer que dans deux pays aussi modernes qui mettent autant de moyens, il y ait tant de différence dans les résultats.

*

– Docteur Jean-Paul Curtay : Lorsque je suis allé à Okinawa en 2005, il y avait 15% de gens âgés de plus de 110 ans et 3% de grabataires. En général chez les anciens à Okinawa, on ne trouve pas de surpoids, pas de diabète, trois fois moins de symptômes à la ménopause, des risques de fracture de cols du fémur réduits de 40% par rapport aux Etats-Unis. La situation a cependant changé et s’est dégradée.

80% en moins de pathologies cardio-vasculaires, ça fait rêver à savoir 5 fois moins qu’aux Etats-Unis et ceux qui font un infarctus ont deux fois plus de chance de survie. La fréquence du cancer du sein à Okinawa est de 25% /1000 , 33 au Japon, la Grèce fait un score intermédiaire, 52, 92 en France. Les décès sont 6%/1000 à Okinawa, 22 en France. Le cancer de la prostate qui est le plus fréquent chez l’homme, 10%/1000 à Okinawa, 13 au Japon, 26 en Grèce, et 60 en France. A Okinawa, 4% pour 100 000 décèdent du cancer de la prostate, 18 en France.

Si on étudie les capacités intellectuelles des habitants d’Okinawa de 80 ans, les hommes font un meilleur score que les femmes, 80% d’entre eux font un score pratiquement parfait, et 60% de femmes. En France par exemple, on enregistre des baisses de tests cognitifs significatifs chez 50% des plus de 50 ans.

On enregistre à Okinawa 6% de déments chez les centenaires mais ces chiffres se sont vraisemblablement aggravés en raison de l’augmentation du nombre de centenaires. Il y en a dix fois plus en moyenne dans nos pays. La maladie d’Alzheimer fait peur. Il y a 860 000 personnes en France qui en sont atteintes et on enregistre 160 000 nouveaux cas chaque année. On estime aussi que 50% des cas ne sont pas diagnostiqués et qu’en tout ça concerne 3 millions de personnes aujourd’hui, entourage compris bien sûr. Cela touche 5% des plus de 65 ans (1% au Nigéria ou en Chine) et 20 000 personnes des moins de 65 ans. Les prévisions pour 2020, 1 300 000 personnes, 81 millions dans le monde.

Manger moins

On remarque à Okinawa que l’on mange beaucoup moins qu’en France par exemple et c’est redoutable. La combustion des calories est fatalement liée à des déchets que l’on appelle oxydatifs. Déjà en 1930 la recherche américaine faisait en laboratoire des études de restrictions caloriques qui n’avaient pas du tout été concluantes c’est-à-dire qu’en réduisant simplement la ration des animaux ils vivaient moins longtemps mais si l’on compensait par des compléments vitaminiques et des minéraux, on a alors constaté une extension spectaculaire de la durée de vie de ces animaux qui étaient en restriction calorique.

C’est un premier dossier que l’on retrouve à Okinawa et une grande partie de l’explication de la longévité . De surcroît avec le confort moderne , on consomme de moins de moins de calories et on vit donc plus longtemps. Les morts précoces sont réduites par les progrès de la médecine, les vaccinations, les antibiotiques, etc . Il y a une uniformisation. La mortalité infantile périnatale s’est effondrée. Les gens vivent plus longtemps et la mortalité ne cesse de reculer.

Apprendre à respirer

Par ailleurs les carences vitaminiques peuvent être compensées de façon satisfaisante et on peut même avoir une augmentation de la vitalité. On fait plus d’énergie avec moins de calories et c’est ce qui est important. Pour faire de l’énergie, il faut savoir respirer, l’oxygène sert à bruler les calories. En Asie, on apprend à respirer, les art martiaux aidant. On respire à fond. Les calories qui ne sont pas brûlées ne font pas d’énergie. On mange trop pour l’énergie que l’on dépense. En France, par exemple, on va accumuler de gros repas surtout le soir alors qu’à Okinawa, c’est une fragmentation de petits repas complets.

Privilégier végétaux, oméga3, anti oxydants,etc.

L’activité physique est aussi très importante. On peut faire plus d’énergie avec moins de calories et réduire les déchets oxydatifs liés à la combustion. A Okinawa, 60% de ce qui est mangé est végétal. Alors que chez nous, il y a une déperdition considérable de végétaux. Le magnésium nécessaire à catalyser la transformation des sucres et des graisses en énergie se trouve dans les végétaux complets, dans les céréales, dans les légumes verts. De plus les Japonais et ceux d’Okinawa en particulier consomment beaucoup d’algues où l’on trouve beaucoup d’iode. Il faut savoir qu’en France le Français reçoit 100 microgrammes d’iode par jour, la moitié de ce qu’il faudrait, donc en est déficitaire. De plus il y a beaucoup plus de polyphénols à Okinawa. Tout est conditionné par le magnésium et c’est la carence la plus profonde dans la population française. 100% des Français sont déficients. 1000 calories apportent 120 milligrammes alors qu’il est recommandé autour de 400. Le manque de magnésium est la première cause de fatigue et de tension musculaire.

Les Okinawaïens mangent 2 fois plus de soja que les Japonais et il y a 2 fois plus de centenaires à Okinawa qu’au Japon. La consommation de soja joue un rôle qui paraît primordiale, le thé vert est à la fois riche en polyphénols, anti oxydants puissants, anti- fer. Dans tous les pays du monde, les femmes vivent 7 ans de plus que les hommes car elles ont des règles et perdent du sang et donc du fer. Le fer est un très fort catalyseur d’oxydation et il joue un rôle très important. L’homme mange plus de viande que la femme et accumule plus de fer. Dans n’importe quelle pathologie, le fer joue un rôle très important.

Il est extrêmement important de se rendre compte quelle est la véritable mécanique qui est derrière le consommateur d’aliments . Il y a d’abord le stress. Plus vous êtes stressé, plus vous allez grignoter, et plus vous allez manger sans sentir la surcharge. A Okinawa, il y a une règle, ne pas se surcharger à plus de 80%. La culture alimentaire est à apprendre. Il ne faut pas s’asseoir à table stressé. Il y a beaucoup de personnes à Okinawa qui commencent leur journée en allant sur la plage et à remercier tout ce qui existe. C’est leur côté culture animiste.

Nous, dans nos sociétés, ne prenons pas le temps d’apprécier, on court toujours après ce qui manque. Il y a un niveau de morosité, de frustration, de stress, qui est important chez nous et qui va parasiter considérablement le mode de vie. Cela peut paraître philosophique mais cela a des implications sur la santé et la longévité qui peuvent être considérables. Il y a une énorme différence entre le Japon et Okinawa : le Japon, c’est la productivité à outrance, beaucoup de compétition . Alors qu’à Okinawa, il y a un aspect relaxé : c’est un climat tropical, C’est une autre culture et je pense que ça joue un rôle très important .

Pour résumer à Okinawa, on mange moins et ce que l’on mange est beaucoup plus riche en végétaux, en magnésium, en oméga3, en antioxydants, en phytoestrogène. On pourrait avoir du mal à manger autant de soja et de soja fermenté encore plus riche en phytoestrogène. On propose donc des solutions avec des aliments avec plus d’épices comme le curcuma qui est anti oxydant, anti cancer Il y a le thé vert macha en poudre qui concentre beaucoup plus de polyphénols . Le jus de myrtille, par exemple, permet de rajeunir le cerveau et a suffisamment de principes actifs pour avoir un effet pharmacologique court terme.  Le jus de grenade fermenté également très puissamment anti oxydant devient le jus de fruit le plus populaire aux Etats-Unis : anti oxydant, anti inflammatoire, en fait une possibilité de densifier son alimentation.

Comment s’approprier ce modèle d’Okinawa ? En gérant les outils nutritionnels, les outils par rapport à l’activité physique : il faut combattre la sédentarité auquel nous a amené le progrès technologique. Il faut aussi gérer le stress, et c’est un programme global.

Okinawa, le lieu où on recense le plus de centenaire en bonne santé

Une course contre la montre dans un des aéroports les plus importants au monde pour passer de l’aérogare 1, où a attéri mon avion Air New Zealand, à l’aérogare 3 d’où part l’avion Jetstar pour Okinawa. J’ ai réussi en un temps record, notamment grâce au fait que je n’ai pas de bagages en soute. Le douanier japonais m’a fait ouvrir mon sac à dos, mon périple avait l’air de l’intriguer

… un français venant de New Zealand qui va à plusieurs endroits au Japon … curieux… mais ma volonté de réussir à prendre la correspondance à gagner. Me voilà à Naha la ville principale d’Okinawa que j’atteint par un train monorail, grâce à l’indication en Japonais que m’avait préparée Mari, une jeune femme très gentille m’aide à prendre mon ticket de train, la station où je dois m’arrêter pour trouver mon hôtel. J’arrive à 23:00 après 14 heures d’avion. Tout s’est bien déroulé je suis suffisamment fatigué pour m’ecrouler dans la couchette.

Ce qui frappe venant de New Zealand est la gestion de l’espace: au Japon très forte densité l’espace est rare, en NZ faible densité l’espace est grand libre …

En fait je suis dans une ville importante sachant que l’ensemble de l’île d’Okinawa représente plus du million d’habitants. Dès le lendemain, je vais au port, m’achète quelques denrées et les mange à l’hôtel, pour définir un programme:

Je vais me baigner dans une des rares plages accessible pour marcher le long de la côte la Naminoue-gū ,  visiter le Temple du même nom qui signifie < le sanctuaire au dessus des vagues>, puis le Tsushima-maru Memorial Museum,  et le jardin Fukushuen où l’eau qui circule en cascade circule vivement. Le jardin de l’amitié du présent passé et futur entre Fuzhou Chine et Naha. Quant au Mémorial Museum il fait référence à la bataille d’Okinawa où de très nombreux citoyens ont perdu la vie. Le message se veut un message de PAIX et non de vengeance. En 1944 l’île doit être évacuée. Les enfants et femmes et des hommes prirent un bateau ( le Tsushima-maru)  qui fut coulé par les forces alliées… la population n’a pas voulu en parler (the Gag Order). Ensuite les americains bombardent puis l’occuperont. Impressionnant mais les japonais se présentent en victime alors que ils sont des guerriers redoutables avec des velléité d’invasion …

Traduction de la photo « word of wisdom »: Des conseils ou des avertissements de ce que  vous obtenez des autres sont les choses les plus précieuses dans la vie; en conséquence garde toujours cette affirmation dans ton esprit.

Je décide de réserver un hôtel pour mardi soir dans une petite île tranquille ou je me déposerai en nageant: Tokashiki Island.

Je cherche de la documentation sur la raison d’une telle longévité des habitants de l’île puisque c’est à Okinawa que statistiquement à été compté le plus de centenaire en bonne santé dans le monde… Je suis venu chercher leur recette. Ce sera l’objet de mon prochain article.